Holy Motors
De l'aube à la nuit, quelques heures dans l'existence de monsieur Oscar, un être qui voyage de vie en vie et de rôle en rôle.
Chez Carax, tout commence dans une chambre. L’ homme qui s’y réveille cette fois, dans le prologue d’Holy Motors, c’est le cinéaste lui-même, nous ouvrant la porte des univers de Monsieur Merde, interprété par le passeur Denis Lavant. Depuis une limousine lui servant de loge, Merde, acteur n’existant « que dans le regard du spectateur », y traverse Paris, tel un théâtre à ciel ouvert, passant d’un avatar à l’autre, d’une vie à l’autre, sans parvenir à les relier entre elles, avant, tel Ulysse, de rentrer dans son petit pavillon, poser ce « corps souffrant », dont parlait si bien Serge Daney.
Jérôme d’Estais