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Leos Carax

Rétrospective

Œuvre en constante mutation, le cinéma de Leos Carax se dévoile à travers six longs métrages réunis dans cette rétrospective. De Boy Meets Girl et Mauvais Sang aux Amants du Pont-Neuf, de Pola X - d’après Pierre ou les Ambiguïtés - à Holy Motors et Annette, le cinéaste n’a cessé de réinventer les formes, les imaginaires et les puissances du cinéma.

 

Depuis ses débuts avec Boy Meets Girl en 1984, le cinéma de Leos Carax « fait se télescoper les axes et les directions, modelant ainsi la carte d’un nouveau cosmos, composé d'une myriade de mondes parallèles » [1] autonomes, de moments « déchronologisés » et de micro- fictions. Un jeu de rôles physique et virtuel, qui fait pénétrer le spectateur dans des vies multiples, à travers le corps flottant, ici vaillant, là fourbu, d’Alex, l’alter-ego incarné par Denis Lavant, avant Pierre dans Pola X, les avatars de Monsieur Oscar dans Holy Motors ou Henry dans Annette. Tous, en proie à des forces extérieures ou à des voix qui sortent d'eux-mêmes, continuent, même en boîtant, leurs courses folles, pleines de chutes et d’envols, bien décidés à continuer à avancer vers le hasard et le mystère, pour revivre à défaut de pleinement vivre. Une cartographie du chaos et de l’amour fou, calquée sur le cerveau de son créateur, des premières fois autant que du sentiment de déjà-vu, qui redessine un Paris nocturne, éternel ou futuriste, intime, politique et romanesque, des forêts mystérieuses ou des périphéries inquiétantes, des bords de  mer utopiques ou des châteaux des contes de Perrault. .

Une œuvre en constante mutation, composée des six longs métrages présentés lors de cette rétrospective – mais aussi d’un des trois segments de Tokyo ! et d’un bel essai cinématographique (C’est pas moi) - , dans laquelle se télescopent des images de nature différente, à la fois réelles et inédites, des genres cinématographiques hétéroclites soudain réunis. Un organisme vivant, composé de ces images caraxiennes, de musiques et de poèmes, convoquant le cinéma des origines et du futur, Bowie, Céline ou Rimbaud, artistique donc, autant que cosmique : un monde à la fois vierge et dupliqué, secret et pourtant familier à celui qui, devant l’écran, a soudain le sentiment de s’y être déjà enfoncé. Un grand poème d’amour, enfin, le cinéma de Leos Carax, habité par des visages de madones, Mireille Perrier avant Juliette Binoche, Katerina Golubeva, Kylie Minogue ou Marion Cotillard, filmés et sublimés tels ceux de Falconetti, d’Orane Demazis ou d’Anna Karina.

Jérôme d’Estais

Ecrivain, scénariste et critique de cinéma Jérôme d’Estais est l'auteur de l'essai La Petite géographie réinventée de Leos Carax, publié aux éditions Marest.


À LIRE, À ÉCOUTER, À VOIR

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► Diffusion ADRC en DCP et sur Cinego.net (téléchargement pris en charge)
► Document d’accompagnement (textes de Jérôme d’Estais) disponible gratuitement pour les salles et les publics
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► Rencontres et débats à conditions aménagées avec Judith Revault d’Allonnes, Charles Bosson, Judith Langendorff, Marjolaine Grandjean (...)
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LEOS CARAX
Rétrospective 

 Pola X (1999)
Pierre ou les ambiguïtés (2001)
au cinéma le 11 novembre 2026 
⇢ Carlotta Films
 

Les Amants du Pont-Neuf (1991)
au cinéma le 25 novembre 2026
⇢ Potemkine Films 

Boy Meets Girl (1984)
Mauvais Sang (1986)
Holy Motors (2012)
au cinéma le 9 décembre 2026
⇢ Potemkine Films 

 Annette (2021)
⇢ UGC Distribution 

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