Rien que les heures
Réalisé en 1926 par Alberto Cavalcanti, Rien que les heures est considéré comme la première « symphonie urbaine » de l’histoire du cinéma. Ce genre, qui marquera profondément les années 1920, naît d’un intérêt nouveau pour les rythmes de la ville moderne, les rapports entre l’espace et le temps et l’observation du réel, annonçant les développements futurs du cinéma documentaire.
Des premières lueurs de l'aube jusqu'au cœur de la nuit, le film nous entraîne dans le Paris de l'entre-deux-guerres à travers une succession de scènes contrastées où se croisent ouvriers, employés, promeneurs, marginaux, bourgeois et foules anonymes. La capitale devient le personnage principal d'une œuvre à la fois poétique et profondément ancrée dans la réalité sociale de son époque. Montage rythmique, fondus, surimpressions, multiplicité des points de vue : l’inventivité visuelle du cinéaste confère au film une étonnante modernité. Mais derrière l’expérimentation esthétique se dessine aussi une réflexion sur les contrastes sociaux qui traversent la métropole.