Georges Lautner
L'Œil du professionnel
Jusqu’à présent, la carrière de Georges Lautner n’avait jamais fait l’objet d’une rétrospective. Il est aujourd’hui temps d’y remédier en proposant de découvrir une œuvre éclectique et foisonnante - plus de 40 longs métrages réalisés sur près de 35 ans - à travers une sélection représentative de 12 films. Cette programmation réunit certains de ses plus grands succès, toujours largement plébiscités, au premier rang desquels Les Tontons flingueurs, mais aussi des œuvres parfois éloignées du genre qui a fait sa renommée - la comédie - et qui témoignent néanmoins de la cohérence et de la diversité de sa filmographie. Elle offre enfin l’occasion de redécouvrir ces films dans les conditions pour lesquelles ils ont été conçus : sur grand écran.
Il existe une méprise Lautner. Derrière plus de quarante longs métrages (auxquels il faut ajouter des courts-métrages, des téléfilms et bon nombre de publicités), on continue de réduire le cinéaste à une seule étiquette — la comédie — et à un seul titre, Les Tontons flingueurs. À l’heure du centenaire de sa naissance, il est temps de corriger le tir : Lautner, c’est bien plus qu’un film culte, c’est une oeuvre éclectique et redoutablement efficace. Après des années d’assistanat, Lautner débute la mise en scène en 1958. Pendant cinq ans, il va faire ses armes dans de nombreux genres. Film de guerre (Arrêtez les tambours), espionnage (Marche ou crève), drame (Le 7e juré) : il touche à tout, tout en fédérant une troupe de fidèles qui deviendra sa signature. Une fois cette famille Lautner réunie, il passe au niveau supérieur en signant pour Gaumont une petite production, pastiche de film noir à la française. Dès sa sortie, Les Tontons flingueurs est un succès inattendu public et critique, et rentre immédiatement au panthéon des comédies. Tout en développant cette veine humoristique, Lautner n’hésite pas à s’aventurer là encore vers d’autres contrées. En 1966, il offre avec Galia son plus beau rôle à Mireille Darc, portrait de femme libre qui détonne dans la France gaullienne terriblement corsetée. Deux ans plus tard, Le Pacha lui permet de signer le chant du cygne du polar à l’ancienne. Il faudra attendre l’arrivée de Belmondo et notamment de Flic ou voyou qui offrira au polar français son meilleur prototype. La collaboration avec l’acteur atteint son apogée commercial avec Le Professionnel, devenu rapidement un classique cathodique à l’instar d’une grande partie de la filmographie du cinéaste. Il est temps de redécouvrir le cinéma de Lautner sur grand écran, et de rendre à ce maître du divertissement populaire toute la place qu’il mérite dans l’histoire du cinéma français.
Sylvain Perret
Édition
- GEORGES LAUTNER L’OEIL DU PROFESSIONNEL
Biographie de Sylvain Perret. Co-édition Badlands édition Carlotta Films, à paraître.
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GEORGES LAUTNER
L’OEIL DU PROFESSIONNEL
Rétrospective en 12 films
à l'occasion du centenaire
de sa naissance
Au cinéma le 28 octobre 2026
Les Tontons flingueurs (1963)
Les Barbouzes (1964)
Galia (1966)
Le Pacha (1968)
Laisse aller c’est une valse (1971)
Flic ou voyou (1979)
→ Restaurations Gaumont
Le Monocle noir (1961)
Le 7e juré (1962)
Mort d’un pourri (1977)
⇢ Restaurations Pathé
avec le soiutien du CNC (Le Monocle noir)
La Route de salina (1970)
⇢ Restaurations Studiocanal
avec le soutien du CNC (Le Professionnel)
Distribution : Tamasa
Des pissenlits par la racine (1964)
⇢ Restauration Studio TF1
avec le soutien du CNC
Distribution : Les Acacias
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