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Michael Haneke

71 fragments d’une chronologie du hasard

1h36
1993
distribué par : Films du Losange
Visa d'exploitation : 87789
DCP
Avec Lukas Miko, Otto Grünmandl, Anne Bennent

La veille de Noël 1993, un étudiant de 19 ans tue, sans motif apparent, plusieurs persones lui étant totalement étrangères. Qu'est-ce qui rapprochait victimes et assassins ?

 

71 fragments d'une chronologie du hasard commence par des images d'actualité qui situent la période : guerre en Somalie, conflit dans l'ex-Yougoslavie. Le réel apparaît comme toujours fragmenté, sec dans sa forme brève et bien sûr stylisée. Par ces petites lucarnes, le monde transparaît avec sa misère et sa tristesse. La question du fragment est essentielle dans l'œuvre de Michael Haneke, c'est une forme qu'il apprécie et qu'il reprendra dans Code inconnu : la séquence comme un élément, un fragment, une note (le cinéaste s'inspire de sa profonde culture musicale) composant un ensemble plus ample. La chose est sûre, Haneke fonde son cinéma sur une croyance dans la force intrinsèque du plan, de l'image construite (grâce au cadre et au son), porteuse de sens. Construction en forme de puzzle, métaphore du Mikado où chaque petite baguette de bois peut, sous l'effet de notre maladresse, faire bouger l'autre. Ces images partielles décrivent un univers plus large, et c'est au spectateur d'en achever la construction (visuelle et mentale). Dans 71 fragments, un fait divers banal : un jeune homme de 19 ans, étudiant, tue plusieurs personnes sans mobile apparent. Ce geste viendra trouver sa logique dans le flux quotidien de l'information télévisée. Hasard et déterminisme sont deux motifs qui traversent le cinéma de Haneke. La dimension philosophique de son cinéma, pour employer les grands mots, réside dans cette vision d'un monde où les apparences sont visibles, réelles, organisées, tout en cachant une sorte de logique secrète, une mathématique mystérieuse à laquelle les êtres n'ont pas directement accès. Puissance et limite du cinéma, qui donne accès à la réalité, mais ne parvient pas à en pénétrer la matière même, le sens profond, caché.

La Cinémathèque française, Rétrospective Michael Haeneke, novembre 2009

Animation en salle :