La ballade de Bruno
A peine sorti de prison où il vient de jurer au directeur de ne plus boire, Bruno S. entre dans un café boire une bière et s'attire immédiatement des ennuis.
Après Kaspar Hauser, c’est la seconde collaboration avec Bruno Schleinstein, dit Bruno S. (1932-2010), musicien de rue et peintre autodidacte, rescapé d’une jeunesse ravagée – née d’une mère prostituée qui le battait, il a été interné plus de vingt ans dans des établissements psychiatriques. Sa biographie nourrit ce rôle-ci : dans le Berlin contemporain, le film cueille Bruno à sa sortie de prison, après de menus délits. Il reprend son activité de musicien de rue et en vient à héberger Eva, une prostituée molestée par ses souteneurs, qui les harcèlent. Un mélodrame tour à tour brutal et câlin, atypique dans le cinéma de Herzog (on se croirait plutôt chez Fassbinder). À mi-parcours, le film bascule d’un coup aux États-unis, où Bruno part tenter sa chance avec Eva et un voisin. le mélo ne s’arrêtera pas à l’Atlantique, mais se transmuera en pantomime dans les plaines cendreuses du Wisconsin.
Potemkine