Le Viol
Une banlieue banale couverte de neige. Au petit matin un viol est commis, bientôt suivi d’une autre tentative. Anders a été remarqué non loin de la scène du crime. La police l’arrête et se livre à une enquête pour savoir quelles pourraient être les raisons qui auraient poussé ce jeune homme ordinaire à commettre deux crimes. Anders ne peut se reconnaître dans le portrait que l’on fait de lui.
En 1971, Anja Breien réalise son premier long, Le Viol, affirmant d’entrée son engagement politique et son intérêt pour les questions de société. Dans un noir & blanc contrasté, la cinéaste signe une fiction aux accents documentaires sur la justice norvégienne. À travers le parcours d’Anders, jeune homme au passé instable, c’est le système judiciaire qui est interrogé : comment un inculpé, qui n’a ni les codes ni l’éducation, peut se défendre ? Les scènes de l’univers carcéral, reconstitué avec minutie, sont criantes de vérité. Peu de musique, des gros plans introspectifs… la forme sert un sujet oppressant. La question de la culpabilité ou de l’innocence d’Anders ne sera pas résolue, laissant le spectateur seul juge de cette affaire.