Nosferatu, fantôme de la nuit
Au XIXe siècle, Jonathan Harker se rend en Transylvanie pour vendre un manoir au comte Dracula. Sur la route, les villageois lui conseillent de rebrousser chemin mais le jeune homme refuse. Au moment de la signature, Dracula aperçoit un portrait de la fiancée de Harker, identique en tous points à sa défunte épouse. Jonathan est fait prisonnier et le comte se rend à Londres pour retrouver la jeune femme.
Pour rappel Nosferatu n’est que le prête-nom d’une adaptation pirate, dont la trame épouse parfaitement celle de Dracula. Parler, à propos d’une nouvelle adaptation, d’un “remake de Murnau”, est donc une idée qui ne se tient pas vraiment, sinon comme pur geste de cinéma : et justement Herzog va, au-delà de l’allure particulière du vampire “à dents de lapin” confié à Klaus Kinski, travailler parfois plan par plan, et ainsi réconcilier la modernité allemande à laquelle il appartient avec l’enfance mythique de ce même cinéma dont l’histoire a été brisée par le nazisme. Sublimé par la beauté spectrale d’Adjani, le film trouve son sommet dans la scène de la morsure, peut-être la plus belle de tout Dracula.
Théo Ribeton, Les Inrocks