Bye Bye Brésil
Une troupe de saltimbanques sillonne le Brésil en caravane dans les années 1970, époque où la pauvreté gagne du terrain dans les campagnes. Entre la sécheresse et l’essor de la télévision, la petite troupe a plus en plus de mal à vendre des billets pour leurs pauvres spectacles. Ils se lancent à travers l’Amazonie pour rejoindre Brasilia, où, pensent-ils, se trouve l’avenir du pays. Leur périple sur la Transamazonienne devient une métaphore du passage de l’ancien au nouveau monde, confrontant les personnages à une réalité en constante évolution.
C’était en 1979. Le général Geisel, au pouvoir depuis cinq ans, avait engagé une politique d’ouverture (« a abertura ») que le général Figueiredo allait bientôt poursuivre. Les opposants de gauche étaient amnistiés, la censure assouplie dans la presse comme dans le monde de la culture, y compris dans le cinéma. On ignorait encore quel Brésil verrait le jour sur les cendres de la dictature militaire et l’on ne savait pas quand cela surviendrait, mais une espèce d’énergie était dans l’air. L’espoir d’un changement profond était là. En témoignaient films et pièces de théâtre. Le projet de Bye Bye Brasil s’inscrit dans ce contexte très particulier, en se présentant comme une ode au Brésil à venir.
Carlos Diegues, Télérama