Remparts d’argile
Dans un village aux confins du Sahara, Rima, jeune orpheline, apprend à lire en secret. Elle est curieuse de découvrir ce qui se trouve derrière les étendues désertiques qui limitent son horizon. Alors qu’à la suite d’une baisse de salaire, les casseurs de pierre se mettent en grève et que l’armée intervient, la routine d’un quotidien collectif se brise, et la jeune fille se rebelle…
Parmi les premiers films je citerai le très original et visuellement somptueux Remparts d’Argile de Jean-Louis Bertuccelli, d’après un fait divers rapporté par le sociologue Jean Duvignaud. C’était la chronique d’une grève dans une palmeraie, quelques ouvriers s’assoient un beau matin et l’armée intervient, une grève se déroulant à l’origine en Tunisie, tourné en Algérie pour des raisons de censure. Ce film magnifiquement photographié par Andréas Winding était pratiquement dépourvu de dialogues. Cette oeuvre lyrique, prémonitoire, s’attachait au rôle de la femme dans la société maghrébine, sujet unique jamais évoqué à l’époque. Bertuccelli réussit là un magnifique portrait de femme, une femme qui tout à coup durant cette grève va prendre conscience de son statut et brusquement se rebeller sans tirade ni pathos, simplement un geste .
Bertrand Tavernier
Voyages à travers le cinéma français