Paris la belle
Une vision poétique de la capitale, qui juxtapose les prises de vue de Paris Express ou Souvenir de Paris tournées par Pierre Prévert et Marcel Duhamel en 1928 et celles de 1958. Sur un commentaire lu par Arletty, Jacques Prévert s'interroge : est-ce que Paris, c'était mieux avant ?
Grâce à l’ajout de cette séquence inaugurale du facteur, la forme de Paris la Belle fait subtilement allusion à sa genèse particulière. Le film s’ouvre sur des images d’un petit village des Alpes-Maritimes et sur les décors de l’arrière-pays. Le facteur Duhamel apporte son courrier à un père de famille (Jacques Prévert) qui se trouve dans son jardin, au côté de ses deux filles (incarnées par Catherine et Michèle Prévert, dans leurs propres rôles). Lorsque, comme tout droit sorti du film de Tati, Duhamel, l’un des « pères » des prises de 1928, s’empare des cartes postales de la famille Prévert, il emporte avec lui bien davantage que quelques photographies. Les cartes qui passent d’une main à l’autre suscitent les réminiscences, déclenchent un mouvement à travers le temps. Les quelques mots échangés sont alors comme des formules magiques qui permettent à Jacques et Marcel de redonner vie aux anciennes images de Paris Express ou Souvenir de Paris. Et toute une époque se rappelle à leur bon souvenir.
Roselyne Quéméner