
À l’est de Shanghai
Grâce à un héritage, Fred embarque, en compagnie de son épouse Emily, pour une croisière autour du monde. Sur le bateau, chacun fait des rencontres, et le jeune couple ne tarde pas à se déchirer…
Hitchcock raconte qu’en compagnie de son épouse et scénariste Alma Reville, il fit une croisière pour préparer l’écriture et le tournage. L’exercice semble avoir été profitable. L’exotisme et son ivresse, ses désillusions aussi sont en effet au cœur de ce film. Exotisme social pour ce couple d’employés qu’un héritage rend soudain riche. Exotisme géographique – qui annonce l’épisode marocain de L’Homme qui en savait trop –, puisque la croisière où ce couple s’embarque les mènera jusqu’à l’est de Shanghai, comme le dit le titre français. Et exotisme amoureux, puisqu’aussi bien elle que lui iront voir ailleurs, avant de se décider à rentrer à la maison. Tout est déguisement et dépaysement, faux-semblants, dans ce film où ne manque même pas un bal costumé, vingt ans avant celui de La Main au collet.
Emmanuel Burdeau